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Ereneyes
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Posts: 1,921
Localisation: Rouen

PostPosted: Thu 13 Dec - 00:47    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

C'est la première nouvelle d'un recueil que j'ai débuté il y a peu. Je préviens tout de suite qu'elle est assez longue. Comme souvent avec les forums ou les blogs, des changements de taille de police ou de couleurs apparaissent sans que je ne puisse l'empêcher.

Pierre 

27 octobre 1846, Paris, cabinet du docteur Feiertag. Compte rendu de la douzième séance. 

 
Le patient est sous ma tutelle depuis trois semaines, et cela fait exactement un mois, une semaine, et quatre jours qu'il a été retrouvé, errant dans la région au sud de Grenoble. Son comportement ne correspond à aucune des psychoses que j'ai déjà étudiées, et les procédures habituelles n'ont rien apporté. Ses réactions ne suivent aucune logique, et ses rares paroles relèvent du mysticisme le plus complet. J'ai donc décidé, avec l'aval de son épouse, de recourir à l'hypnose. J'espère remonter jusqu'aux origines du traumatisme pour mieux cibler la pathologie qui en découle.  
J'hypnotiserai le patient moi-même, selon la méthode habituelle, et tenterai de lui faire raconter l'intégralité de son voyage. De précédentes expériences ont montré que le sujet était particulièrement sensible à l'hypnose, sans que je sache si cela est dû à sa personne ou au choc qu'il a subit. Je serai accompagné de mon assistante, qui retranscrira les paroles du patient, et par la femme de celui-ci. 

 
15H10 : Début de la séance. 
15H20 : Début de l'hypnose. 
15H23 : Entrée du patient sous état d'hypnose. 
15H24 : Ont été demandés au patient ses nom, prénom et adresse. Questions auxquelles il répondit correctement. 
15H27: A été demandé au patient s'il se souvenait de ce qui lui était arrivé ces deux derniers mois. Il répondit positivement. 
15H29 : A été demandé au patient de nous décrire en détail ce qui lui est arrivé à son arrivée dans les Alpes. Ses paroles sont prises en notes.

 
Appuyé contre mon dossier, je sombre peu à peu dans un sommeil inconfortable, agité par les remous du train et ma volonté de rester éveillé. Le grondement et les cliquetis sourds de l'immense mécanisme ont sur moi l'effet hypnotique d'une horloge. Subitement, l'image d'un pic, grande masse pierreuse et rectangulaire, apparut dans mon champ de vision, s'élevant comme une vague grisâtre au milieu des rocs Ce détail du paysage m’est particulièrement familier, car cet édifice naturel m'a de tout temps contemplé, depuis la large fenêtre de ma chambre d'enfant. Je me rappelle grâce à lui les souvenirs de ma jeunesse en ces contrées, toute cette partie de ma vie que j'ai inconsciemment laissé s'enfouir dans mon esprit. Par jeu, je tente de retrouver dans le décor défilant quelques témoins de mon enfance, survivant toujours dans le paysage. Tel arbre sur lequel je grimpais, tel chemin que j'empruntais, ponctuant le paysage autour de moi comme des navires naufragés. Ces bribes du temps passé se font plus nombreuses, signe que je m'approche de mon ancien bourg. Cela me rappelle la triste raison de ce voyage, entrepris seul, et dans l'urgence. 
Mes parents, que je n'avais pas vu depuis une vingtaine d'années, ont décédés, presque simultanément. J’appris la nouvelle par un télégramme, arrivé à mon appartement de Paris près d'un mois après leur mort. 
Inspectant mon courrier, je passais les enveloppes d'une main à l'autre, lorsque j'aperçu soudainement l'adresse de mon village d'enfance parmi les expéditeurs. Une peur viscérale et irrationnelle s’empara alors de moi, s'enroulant tel un reptile froid autour de ma colonne vertébrale. Des perles de sueurs ont perlé sur mon front et mes mains tremblantes ont laissé échapper le reste du courrier. Je n’ai pas été surpris de constater que cette lettre m'apportait de funestes nouvelles. Le décès de mes géniteurs m’a curieusement laissé de marbre, bien que je n’ai jamais eu de véritable grief envers eux. Ils faisaient simplement parti d'un segment de ma vie profondément inhumé dans ma mémoire. Je n'ai jamais évoqués que très rarement ma jeunesse, comme si elle recelait quelque honte dont je n'osais parler. Ma femme me reprocha souvent ce silence trompeur, ainsi que mon entêtement à repousser sa rencontre avec ma famille. Et aujourd'hui...Quelle triste ironie! Mes parents n'ont d'ailleurs même pas été présent à mon mariage, le fait est qu'ils étaient comme -prisonniers- de leur montagne. 
Une légère migraine commence à s'enfoncer dans mon crâne, sûrement due au bruit permanent régnant dans ce wagon. Maintenant que je retourne vers mon village, je me demande ce qui a bien pu m'en tenir éloigné. Je n'y ai pourtant commis nul acte préjudiciable, et pas le moindre forfait. Si la demeure familiale n'était pour moi plus supportable, je ne sais maintenant plus pourquoi. Comme n'importe quel adolescent, je devais simplement...étouffer, dans ce village de montagne. Il n'y avais pas de raison précise expliquant que je me sois -enfui-. Enfui? Non, simplement parti...Ma migraine empire. 
Le crissement des roues frottant sur les rails met fin à ma réflexion. Après une longue courbe, le train freine pour entrer en gare. 
J'attends que le gros des passagers soit descendu pour me lever à mon tour. J'ai alors la surprise de constater que mes jambes se plient sous moi, comme d'inutiles échasses de chair. Je tombe à genoux, provoquant l'inquiétude de quelques badauds, mes mains aux doigts écartés plaquées sur le sol, mon front à nouveau couvert de sueur. Je m'appuie sur ma valise et me relève péniblement. Je n'ai plus la moindre emprise sur mes propres jambes, luttant pour leur faire accomplir le plus simple mouvement. Un petit homme hésite à côté de moi, ne sachant si je suis souffrant ou bien fou, ne sachant s'il doit m'aider ou m'éviter. Il maintient nerveusement sa valise d'une main pendant que l'autre s’approche, puis s’éloigne de moi, au gré de ses hésitations. Je parviens finalement à me relever, ce qui le fait se reculer. Pour l'instant plus honteux qu'inquiet, je quitte le train à mon tour. 
Je remonte seul le chemin de terre menant au village d'E.. Les autres passagers descendent par petits groupes, vers les bourgs plus prospères de la vallée. Je m'arrête au bout d'un instant et, au travers de la vapeur dégagée par la locomotive, les contemple les (ou depuis les) hauteurs. Une foule bruyante d'hommes et de femmes s'égaye à pieds ou en calèches. Je m'explique ma récente faiblesse par l'engourdissement de mes jambes, après ce long trajet assis. Cela ne peut cependant expliquer ces sueurs froides et ces crises d'angoisses. Qu'ai-je donc à me reprocher pour ainsi défaillir? C'est peut être cette longue absence. Le fait d'avoir abandonné ainsi ses parents. J’ai quitté le village d'E. à mes 15 ans et j'en ai aujourd'hui plus de trente. Le pire est que je n'ai jamais été choqué par ce long silence. Il me semblait...naturel. 
Reprenant ma valise, je recommençe à suivre le vieux chemin de montagne, espérant que mon corps de citadin amollit ne me trahira pas. J'avance de plus en plus difficilement, me prenant dans les ronces et les racines. On a l'impression que personne n'a emprunté ce chemin depuis des années. 
Arrivé au sommet d'une colline, je m'assois sur les restes mélancoliques d'un arbre déraciné, contemplant le paysage. Face à moi se dresse à nouveau le pic qui m'avait tiré de ma rêverie dans le train. S'il porte un nom, je suis incapable de m'en souvenir. Le village avait été construit à ses pieds, avec les pierres qu'on lui avait arraché. Si les autres hameaux sont essentiellement peuplé de pasteurs, celui ou j'ai passé mon enfance est un village d'anciens bûcherons et leurs descendants. Tous ont construit leur demeure avec les pierres noires de ce pic. Une quinzaine de maisons s'étagent sur la pente, avec, en bas de celle-ci, une exception. Un chalet en bois à l'aspect plus traditionnel, ou vivait autrefois celui qui était mon meilleur ami. J'avais toujours été jaloux de cette maison en bois, mais je ne vois plus pourquoi désormais. Simple attirance de l'exception, sans nul doute. 
Un sursaut du vent me rappelle au temps présent, au moment même ou je sens un grattement sur mon épaule. Me retournant brusquement, je me retrouve face à l'unique branche de l'arbre abattu, brandie vers le ciel comme le bras d'un noyé. Je reste immobile, hypnotisé par la vision de cette ramure squelettique que le vent pousse à ma rencontre. Je ne peux m'empêcher d'associer une -intention- à ce mouvement. Ce n'est rien d'extraordinaire : le vent agitant une vieille branche morte... Je ressens pourtant comme une volonté derrière ce mouvement,. Progressivement, je recule en tentant d'éviter le toucher répugnant de cette chose morte. Celle-ci se courbe de plus en plus, comme insistante. Ce qui n'était au début qu'une désagréable sensation devient une angoisse réelle. Ma raison a beau dire, c'est justement l'illogisme de cette pensée qui la rend effrayante. Je me surprends à paniquer et bondi sur le coté gauche, espéant me débarasser définitiveent de ce contact. Je me décala sur une portion de l'arbre trop pourrie pour me soutenir. Il cède net sous mon poids et la branche à laquelle je désire maintenant m'accrocher se brise. Ce voyage ne paraît décidément s’accompagné que de mauvaises expériences. 
Comme ma confrontation avec la branche, ma chute est rapide et pitoyable. Roulant en bas de la pente, je tente de me retenir, et ne parviens qu'à m'écorcher les mains. Plantant mes talons dans le sol, je stoppe net. Je n’ai pas même le temps de reprendre mon souffle qu'une succession de craquements se rapprochent dans mon dos et me fait me retourner. La branche, plus que jamais semblable à une main -c'est une main- dévallait la pente à ma suite. Elle tombe -s'agrippe!- à coté de moi. Je pousse un cri et me raidis comme mort pendant le quart de seconde ou mon imagination sema ma raison. 

 
15h42: rigidité musculaire, accélération cardiaque progressive depuis quelques minutes 

 
Je l'avais moi même arraché et elle m'a simplement accompagné dans ma chute. La ramassant, je la jette au loin tout en jurant après ma propre couardise et maladresse. 

 
15h43: stabilisation 

 
Un homme arrive vers moi -c'est...!- que me prend t-il encore? Il suffit maintenant de la vision d'un homme pour me terrifier? Me revoilà à serrer la terre poussiéreuse entre mes mains sanglantes, un cri instinctif manquant de nouveau de sortir de ma gorge. Je reconnais pourtant celui qui fût mon ami d'enfance. Respirant lentement, je parviens à me reprendre. 
Voyant son embarras, je me relève en me dépoussiérant, feignant une certaine décontraction teinté d'amusement pour ma propre mésaventure. Cela ne semble pas détendre F., ce qui reste assez logique, vu la raison de notre rencontre. Je sors mon mouchoir et entreprends d'ôter la terre et le sang souillant mes doigts, avant de lui tendre la main. 
« Vous...allez...bien? » 
« Ho, juste quelques égratignures. » 
« Toutes...mes....condo...léances. » 
« Je...merci. » 
J'ai cette fois ci toutes les raisons de m'inquiéter. Le visage de F. était aussi creusé que celui d'un cadavre, et sa peau pâle était recouverte de plaques noires. Le plus troublant vient sa façon de chercher chacun de ses mots. Il regarde par dessus mon épaule, fuyant mon regard. Je soupçonne un double sens dans ses paroles. 
Il repart sans un mot vers le village. Je le suis sans oser le dépasser. Qui aurait pu croire que l'enfant le plus joyeux du bourg avait pu devenir ce cadavre ambulant devant moi. En y réfléchissant, n'était-il pas le seul enfant joyeux du village? A cause de sa maison en bois...Stupide, que me prend il encore? Et cette satanée migraine qui se refuse a me quitter. 
Nous nous raprochos rapidement du village, quoi que de mon point de vue c'est plutot Le village semble se rapprocher, le chalet de F. ouvrant la marche. De près, il ressemble beaucoup à son propriétaire. La cloison maintenant fine comme du carton laisse voir son armature pourrissante, une planche suspendue à un clou s'agite sous le fort vent de montagne, émettant un crissement semblable à celui d'un insecte. 
« Tu habites toujours ici? » 
« Non...ce n'est plus ma maison. » 
Il semble presser le pas, devant son ancienne demeure en ruine, se refusant même à la regarder. Une odeur pestilentielle assaillit mes narines lorsque je le suis. Elle semble provenir de l'écurie prolongeant le chalet. La porte entrouverte laisse voir un sol boueux, tourmenté par les empreintes de centaines de sabot, trop petites pour appartenir à des chevaux. La boue malodorante recouvre le bas des murs et des éclaboussures s’étirent jusqu'au plafond. Quels animaux ont donc été enfermés dans ce bâtiment? 
Mon attention est cependant attirée sur autre chose. Ma propre maison, voisine de celle de F.. Je ne l'avais pas revue depuis une quinzaine d'année, et c'est comme si elle m'avait toujours attendu dans un recoin de mon esprit. Je ne ressens nulle nostalgie, mais bien au contraire, la sensation claustrophobique d'un lent étouffement. Une chaîne attachée à mes viscères m'a ramené dans cette prison dont je croyais m'être échappé, il y a bien longtemps. Une influence oubliée s'empare à nouveau de moi, freinant chacun de mes actes, jugeant chacune de mes pensées. Je me sens comme enfermé dans une poche d'air presque solide, aspirant mon énergie et rendant épuisant la moindre pensée et le plus infime mouvement.Et le plus effrayant de tout, je n'associe pas cette pensée à mes parents. 

 
15h45: baisse de tension. 

 
Je me rappelle maintenant que cette sensation était l'une des choses que je ne pouvais plus supporter. 
D'une enjambée je pénétre dans ce qui fut mon foyer. Le sol comme les murs sont fait de cette pierre noire et lisse que l'on extrayait du pic. Ce piton est le seul endroit ou l'on pouvait en trouver. Comment se nomme-t-il d'ailleurs? Je ne parviens toujours pas à me le remémorer. Je me souviens par contre parfaitement de cette obscurité moite, de l'ombre du pic, de la noirceur des pierres. L'intérieur de toutes les maisons du village est semblable à une caverne inhospitalière, ou l'homme se serait pourtant acharné à s'installer. 
« Pourquoi as-tu donc quitté le chalet de tes parents, tu ne vis plus au village? » 
Ma question semble avoir provoquer une véritable douleur physique chez F. Il tressaille et se recroqueville d'avantage, ses yeux ne cessant de fuir de droite à gauche. 

 
F. part alors soudainement, sans un salut, n'ayant visiblement plus rien à me dire. Il paraît avoir oublié ma présence, se dirigeant, tête penchée et regard vide, vers la colline d'où j'ai chuté. 
Le comportement de mon ancien ami, ainsi que sa sinistre démarche, suscitent en moi trop d'angoissantes questions pour que je puisse le contempler plus longtemps. Me retournant, je considèra à nouveau la demeure -tombe- de mes parents. Ma sensation d'oppressement ne fut plus aussi forte cette fois ci. Le vent a repoussé pour un temps les nuages d'automnes, une pâle lumière éclaire maintenant les lieux. J'entreprends immédiatement d'ouvrir tous les volets de la maison calfeutrée. 
Marchant d'une pièce à l'autre, je me remémore de vieux souvenirs. Les journées monotones, les rares événements et les jeux d'enfants. Chose étrange, je me rappelle ainsi que j'entretenais une grande affection à l'égard des voyages, aussi pénible et ennuyeux étaient-il. Je n'éprouve désormais qu'aversion pour le déplacement le plus réduit. Suis-je devenu par trop paresseux en vieillissant, ou est-ce simplement que je préfère l'agitation des villes à la solitude de la campagne? Je me revois encore supplier mon père de m'emmener avec lui. 
La tristesse accompagnant ces souvenirs de mes défunts parents, je préfère ne plus y songer. Je m'assois et tire une flasque de bourbon de ma poche, espérant qu'elle atténuera la douleur de ma migraine. Il me vient aussi à l’esprit qu'il me faudra bientôt aller jusqu'à la source pour puisé un peu d'eau, à moins de vouloir céder à l'ivrognerie. Je n'ai cependant aucune envie de me lever. Cette longue marche jusqu'au village m'a épuisé. De plus, pour la première fois depuis mon arrivée, je trouve agréable d'être ici. Le simple bonheur d'être assis quand votre corps est atteint par la fatigue. Le contact solide et rassurant du dossier de chêne, l'absence de vent mordant, un sol stable sous mes pieds. J'entretiens tout de même quelques souvenirs émus pour cette maison. Ou plutôt pour ces meubles. Si notre famille n'était en aucun cas fortunée, elle possédait néanmoins une pléthore de meubles en chêne, hérités de divers parents et prunelles des yeux de ma mère. L'un de mes jeux favori consistait à traverser la demeure familiale sans toucher le sol, bondissant de meuble en meuble, escaladant, grimpant, me suspendant. Je me prenais parfois tant au jeu que j'aurais préféré faire s'écrouler l'armoire, plutôt que lâcher prise, plutôt que de retomber les pieds sur le sol et offrir mes chevilles à l'ombre régnant sous chaque meuble. Comme si une indéfinissable monstruosité allait en jaillir pour m'agripper, et m'y entraîner. Ma mère n'aurait sûrement pas accepté ces explications. Le contraire m'eût effrayé. 

 
Mon sourire disparait. J'avale une nouvelle lampée d'alcool et me relève dans le même mouvement. Une pique s'enfonça de nouveau dans ma tête, suite à la boisson ou à ce redressement brusque. Je repose la bouteille sur la table et m'y appuie. 
Mon sourire réapparaît, ma migraine semble même s'estomper. Je quitte la pièce. Un autre souvenir revient à ma mémoire lorsque j'arrive devant l'entrée. Je ne supportais pas de voir cette porte fermée. C'était une véritable fixation. Mes parents et moi passions notre temps à refermer et rouvrir cette porte à chacun de nos passage, tel une guerre puéril. Ma mère classait cette habitude parmi mes sales manies, comme grimper sur les meubles ou dormir dehors. 
Si j'ai ouvert toutes les fenêtres, j'ai cependant laissé la porte fermée. Avec des gestes d'une précision scientifique, je tourne la poignée et pousse. La porte pivote sur ses gonds dans un grincement neutre. L'atmosphère de la maison semble toute différente. Comme si elle se trouvait maintenant en un autre lieu. Je sors sans y penser d'avantage. 
L'unique rue du village se déverse depuis la colline de l'arbre mort, avant d'escalader la montagne, et se sépare en fourche à la sortie du bourg. Si je suis la voie de gauche, je monte vers la montagne et sa source, celle de droite mène au pic et à la carrière. 
Remontant le village je croise trois vieillards, seules personnes visibles aux alentours. Une vielle femme ramène du bois à son logis, son châle soulevé par le vent, pendant qu'un couple fixe le sol assis sur les marches de leur perron. Le reste des maisons ne semble être que coquilles vides abandonnées sur le sol poussiéreux. Les individus plus jeunes sont-ils partis pour la capitale, ou une autre ville, comme je l'ai fait? Un chien errant passe devant moi, craintif. 
Marcher dans la forêt achève de faire s'envoler ma migraine. Même mon humeur semble s'améliorer au milieu de ces arbres, pour la plupart des épineux toujours verts. J'entends rapidement le tintement cristallin de la source, qui fournit une eau fraîche et claire à tous les habitants du village. Je passe sous les arbres et parviens jusqu'à la fissure d'où elle émerge, longeant un dénivelé de roche lisse. Celle-ci est couverte de formes étranges et particulièrement anciennes. Cela rappelle vaguement une écriture archaïque, mais ces marques sont suffisamment confuses pour pouvoir n'être en réalité qu'une curieuse imperfection de la pierre. La fissure d'où jaillit la source est bouchée par du mortier dont semble émergé une sculpture de femme usée et rongé par la mousse. Peut-être une représentation de la vierge, d'une autre sainte ou d'une quelconque divinité païenne. L'eau s'écoule du haut de ses mains jointes pour atterrir dans un bassin où trempent ses pieds. Contrairement aux gravures, cet aménagement remontait à la fondation du village, et constitu la seul fantaisie artistique du lieu. Je bois un peu de cette eau claire et remplis les trois grandes gourdes que j'avais amenées à cet effet. Me retournant, je jette un dernier regard sur les curieuses marques parsemant la paroi, m'interrogeant sur leurs origines. 
Cette agréable promenade me permet de réfléchir calmement à tous ce qui a chamboulé mon esprit. L'élément le plus effrayant reste l'état de F.. Cet aspect cadavérique, et ces horribles plaques noires, me rappellent à cette terrifiante peste du même nom que l'on décrivait dans les chroniques médiévales. Je pensais cette maladie éradiqué, mais serait-il possible que cette calamité ait subsisté dans ce village isolé? F. en présente tous les symptômes, le village semble à l'abandon et mes parents ne sont ils pas morts l'un comme l'autre? Le semblant de gaieté qui m'avait habité s'envole à cette idée. Même l'eau que je transporte, et que j'ai bu, éveille maintenant en moi quelques craintes. 

 
Il me reste cependant l'option de descendre dès demain dans la vallée, afin d'y quérir un médecin. La possibilité d'agir, même face à un éventuel fléau, m'est bien plus agréable que de subir une angoisse incompréhensible. J'arrive au village, qui semble curieusement plus vivant de nuit. Quelques vieillards s'affairent dans la rue avec la lenteur de leur âge. Il y a quelque chose d'instable dans cette ambiance crépusculaire, comme si ce village n'était qu'un camp temporaire qui venait de s'installer. Comme si ces lourdes maisons de pierres étaient arrivés ici comme des roulottes de tziganes et non pas construites depuis des siècles. 
Me couchant, je préfère mon ancien lit d'enfant à la chambre de mes parents. Pelotonné dans cette couche réduite, je ne cesse de trembler, malgré l'amas de couverture dont je me suis recouvert. Je m'endors tardivement d'un sommeil entrecoupé de réveils en sursaut, ou mon esprit peine à différencier la réalité vaporeuse du tangible cauchemar. Les sensations ressenties par mon corps et les fantasmes distillés par mon esprit se mélangent pour ne former qu'un unique ensemble trouble et chaotique. Je courre et glisse le long de plaques de pierre ou de métal noires, recouvrant le paysage de leurs arêtes tranchantes et de leurs pointes effilées. Je ne vois qu'elles, s'élevant hors du sol tout autour et sous moi, s'inclinant, me faisant déraper sur leur surface dont la froideur mord ma peau. Je me sais pourtant bien dans mon lit, sans savoir pour autant où celui-ci se situe. Tendant la main, je tâtonne sur le sol, misérable, cherchant désespérément le contact d'une des gourdes. Peine perdue, car elles sont toutes trois dans la grande salle, et que l'idée de m'y rendre ne m'effleure même pas. 

 
16h01: agitation du patient, sueur froide. 

 
Je suis comme -prisonnier- de mon lit et de mon demi-sommeil. La pensée de descendre de mon lit est pour moi terrifiante, car -ça- jaillirait de l'ombre glauque sous le sommier, du sol, du bas! Le pire est peut être que j'ai en parti conscience d'être dans un rêve, que dis-je, dans un délire cauchemardesque, une halucination quasi palpable. Chaque seconde me semble des minutes, chaque minute des heures, et pour chacune d'entre elles qui s'écoule, je sens l'immense poids du temps restant. J'accueille les premiers rayons du soleil et mon réveil complet comme une délivrance. Me levant à grand peine, le nez et la gorge pris par le froid, le corps meurtri par les courbatures, j'ai l'impression d'être au sortir d'une lutte et non d'une nuit de repos. 

 
Cette abominable nuit a au moins eu l'effet de rendre la matinée agréable, malgré ma fatigue. Le simple fait d'être parfaitement conscient et maître de mes pensées me suffit. Je tente d'accroître cette bonne humeur si rare en m'offrant un petit déjeuner somptueux, mais le morne contenu des placards prend à revers mes attentes. Honteux de ce fait, je m'attribue quelques rasades de Bourbon, espérant qu'elle désinfecteront ma gorge. Cette médecine brutale, associée à ma fatigue, a surtout l'effet de me faire soudainement tourner la tête. Trébuchant en arrière, idiotement amusé par le brusque effet de l'alcool, je m'écroule sur une chaise avec un léger sourire. Ce n'était pas du petit lait! 
Ma main s'abat sur la table attenante, faisant rouler puis tomber un gobelet métallique. Le bruit de sa chute sur le sol sonne à mes oreilles comme un reproche. Je le ramasse et le pose maladroitement sur la table sur laquelle il roule de nouveau pour retomber. Le son produit me heurte de nouveau. J'ai bel et bien perçut ce tintement comme une remarque malveillante. Comme si ce bruit était une voix. L'effet brusque de la boisson s'est aussi rapidement dissipé qu'il était venu, et je ne pense pas pouvoir lui attribuer cette sensation. Maintenant que mes oreilles sont à l'écoute, le moindre grincement de ma chaise ou frottement de mes pieds sur le sol résonne comme une accusation menaçante. Ma conscience me gronderait-elle pour cette consommation matinale? Je ressens plutôt l'impression que des milliers de voix, oeuvrant à la limite de ma perception, ont besoin du son naturel des objets pour s'incarner. La malveillance qui m'oppresse, une masse qui m'encercle, reprochant mon existence. Des propos qu'ils chuchotent de toutes leurs forces. Je trouve mes pensées proches du délire paranoïaque. Il ne m'est pourtant pas possible de nier que c'est ce que je ressens. Si je crois un instant que le mouvement des objets est accompagné d'une intention, voilà que leur bruit semble avoir un ton. Un ton plein de haine, vindicatif et intransigeant. 
Tout cela n'est-il pas dû à mon esprit? La mort de mes parents, un voyage éprouvant, une santé fléchissante et une nuit difficile, les raisons ne manquent pas. Mais comme la sensation d'oppression dès mon retour au village, ces voix fantomatiques sont déjà présentes dans mon enfance. Ces deux sensations ne semblent même faire qu'une, prison, foule hurlante et infatigable. Je n'ose me l'admettre, mais je pense que c'est cette folie (car comment pourrais-je appeler cela?), qui m’a poussé à fuir le bourg dans ma jeunesse. Vieillissant loin d'ici, j'ai relégué ces sensations comme propres à la jeunesse et sans importance. Il m'a pourtant suffit de revenir ici pour qu'elles réapparaissent, plus fortes encore, alors qu'elles ne m'avaient pas suivi dans mon exil. Me jetant à quatre patte sur le sol, je rampe frénétiquement vers une inscription que je me souvient subitement avoir sculpté dans la pierre. Tentant d'exorciser mes pensées en les mettant par écrit, j'avais gravé une phrase dans la roche sombre. 

 
Si la chair est au ciel, la pierre est au diable. 

 
16H09: léger soubresaut. Rigidité musculaire. 

 
La lecture, la simple lecture de cette phrase me remet tout en mémoire. Non pas une foule de souvenir, mais de compréhension. 
Tout ce que nous affectionnons est putrescible. La faible chair des hommes, des arbres et des bêtes n'est habitée qu'un instant avant de redevenir de pierre. La Terre est comme ce village, une caverne inhospitalière ou la vie se serait acharné à s'installer. Nous sommes prisonniers d'un carrosse menant à l'échafaud, la simple existence d'une fin rendant en fait caduque tout le reste. 

 
Non, je ne m'enfoncerais pas dans ce genre de pensée. Après tout, ceci n'est il pas qu'un délire existentialiste? L'homme à créé la religion pour se soigner de telle crainte, et si je n'accepte pas un tel baume, au moins devrais-je réagir comme un homme de mon temps et agir plutôt que de me lamenter. N'ai-je pas prévu de me rendre au plus tôt dans la vallée pour en ramener un médecin ou n'importe quel homme de science? Une contamination par cette hypothétique épidémie n'est elle pas la seule cause de mon trouble? 

 
Une sensation. Un bruit. Une présence. Je rejette tout en bloc, ne cherchant même plus à comprendre. 

 
Je me relève péniblement, un sourire que je sais être celui d'un dément sur les lèvres, je trébuche vers la porte, ai un véritable instant de panique hystérique en peinant à l'ouvrir, puis me précipite dehors, des larmes de rage coulant sur mon visage de damné. 

 
16h12: après une période d'instabilité le patient est de nouveau agité de soubresaut plus fort que les précédents. 

 
Un vieillard mort sur le sol, étalé dans une pose grotesque. Une femme du même âge, elle regarde le corps sans y porter d'intérêt. Je m'agrippe à la porte ouverte d'un bras ou j'ai mis tout ce qui restait de mon énergie, le reste de mon corps tanguant tel un navire accroché à son ancre. Le vieux chien errant me fixe d'un regard neutre, arrachant des lambeaux de chair aux bras du cadavre. Je contemple un instant cet horrible banalité, l'animal ne semblant pas me prêter plus d'attention que la femme au corps de son mari. Je m'enfuis ou court simplement vers la butte où trône l'arbre mort. Suis je impassible ou choqué? Je cours simplement. Ce faisant je trébuche sur la branche/main squelettique. Cela ne me fait rien.  

 
16h15: stabilisation mais baisse anormal de la tension et du rythme cardiaque. 

 
Elle est ici car c'est l'endroit où je l'ai jetée hier par énervement. La rationalité de ce simple élément: cet objet est là car c'est là je l'ai laissé, ne fait que rendre plus abominables et troublants les événements auquel j'ai assistés. Du moins cela prouve peut être que je ne suis pas fou. 
F. marche au loin, de sa démarche d'échassier. Dépassant la branche, je cours le rejoindre, sans savoir pourquoi. Je passe devant son ancienne maison, maintenant cloaque immonde en putréfaction. L'odeur infecte de l'étable provoqua chez moi des accès de nausées qui entrecoupent mon souffle déjà court. 
D'horribles sons semblables à des hurlements de porcs semblent en provenir. Je commence à me retourner, puis change d'avis. 
Un mouvement. La branche situé à ma gauche se plie soudainement et  

 
16h10: Agitation du patient.Accélération du rythme cardiaque. 

 
-me saisit le bras!- Mon cri de terreur se bloque dans ma gorge pendant que les maisons se rapprochent...horribles fourmis noires dont les chuchotements s'enfoncent de force dans votre esprit...Je... 
On mâche ma jambe! Oh mon dieux, on me mâche! Je m'enfonce dans une gueule...les crocs pierreux me déchirent. Je... 
Que...Que me prend t-il? Me voilà allongé sur le sol, le corps meurtri par les pierres. J'ai de nouveau roulé jusqu'en bas de la pente menant au vieux village, encore une fois paniqué par le contact d'une branche pliée par le vent! J'ai pourtant clairement vu cette tête de loup! Difforme et grotesque, à la fourrure pelée et à la gueule démesurée, comme celle de ces crocodiles africains. Moi qui ai de tout temps méprisé les fous! Me voilà l'un d'entre eux. J'ai vu un loup géant dont la mâchoire n'était que les pierres du chemin ou je chutais. Pitoyable! Suis-je donc vraiment devenu malade? 
Relevant la tête, je revois F. arpentant l'horizon. La vision de ce corps squelettique me donne justement raison. Je suis malade! Simplement malade! Il faut que j'amène F. avec moi jusque dans la vallée pour qu'on nous guérisse de cette fichue folie! Pour que l'on trouve et qu'on nous enlève cette maudite bactérie qui nous ronge le crâne et les veines! Je cours dans les herbes folles, hurlant son nom pour qu'il s'arrête et que l'on ne reste pas une minute de plus dans ce village d'esclaves mourants! J'arrive derrière lui dans une dépression du sol, ou la terre, comme malade ou rongée, laisse voir une roche noire et craquelée d'où émerge des plaques de pierres. Lentement, je me dirige vers ce cimetière sans église. 

 
16H12: accélération inquiétante du rythme cardiaque du patient.

 
Les cadavres de ma mère et de mon père ne sont qu'en partie inhumés. Leurs corps momifiés dans leur vêtement quotidiens sont à moitié enfoncés dans le sol boueux, tordus dans des positions grotesques. Ils semblent être lentement avalé par la terre, être digéré. Un peu plus loin, les mains croisées dans son dos voûté, F. contemple ses pieds avec un regard vide. Je découvre alors que les marques sombres couvrant son visage et son corps ne sont pas des hématomes, mais des plaques de peau rongés et pierreuses...Je déglutis et contemple de nouveau le branchage morbide que forment les corps de mes deux parents, pour m'écrouler au sol et vomir bruyamment un mélange de bile et d'alcool. Relevant la tête, je vois à travers le filtre de mes larmes l'image du pic, me contemplant cyniquement entre la terre et le ciel. La tour du diable, le trône de Satan, le doigt du démon...ses noms, tous ses noms funestes me revinrent à l'esprit. L'oeil hagard, je découvre sans surprise que les imperfections d'un plaque de pierre difforme semblent écrire mon nom, ou plutôt qu'un nom, une pensée au delà des mots, quelque chose qui me désigne en soit. 
Je titube loin de cette menace qui ne m'apprend rien de nouveau. La vie à été jeté sur cette terre, négligemment. Elle s'est entêté à s'installer sur ce globe de roche froide et inhospitalière. Mais sous les hommes, les bêtes et les arbres resterait toujours cette pierre qui nous hait. Nous, âmes piégée dans la matière, esclave de la matière qui nous ronge et ne veut pas de nous. Nous sommes des parasites involontaires, des naufragés abandonnés sur le territoire de la Bête qui nous avale et nous digère lentement. L'oeuvre de Dieu et du Diable, naissant pour mourir, temporel face à l'éternel. 

 
16h15:Nouvelle baisse du rythme cardiaque 

 
J'avance vers le village des fous qui ont construit leur vie avec les pierres arrachées au Démon, sans savoir pourquoi, sans avoir besoin de raison. Plus de désir, plus d'affection, seulement le pitoyable bonheur de ne plus rien avoir à perdre. 
Un éclat de rire plein d'une joie démente émerge de ma gorge. Derrière moi se trouve l'écurie, résonnant toujours de cris porcins et de bruits de lutte. Je me retourne. 

 
16h16: pic de tension, accélération cardiaque, rigidité musculaire alarmante 

 
Les portes de bois pourries sont grande ouvertes. Face à moi, des dizaines de créatures, hideuse parodie d'être vivant, dansent, sautent, se convulsent dans la boue qu'ils font gicler autour de leur horrible sarabande. On dirait des pierres poisseuses tentant d'imiter la vie, formes sans logique ni symétrie, hurlant et gémissant dans leurs mouvements désordonnés. 

 
La vue de cette horrible bacchanale me rend bizarrement la raison et avec elle la peur. Je reste un temps immobile, tremblant de tout mon corps, puis recule à quatre pattes. Je me relève et cours dans la direction opposée, sans autre volonté qu'aller le plus vite et le plus loin possible. J'ai un faible espoir au cours de ma fuite, mais ma conscience l'étouffe vite. Où aller lorsque l'on vit sur ce qui nous hait? 
Je crus m'être échappé il y a longtemps, mais j'avais tort. Cela m'a suivi, même à Paris. Les voix et la haine étaient toujours là, sans que je les sente. Le pic noir n'a fait que montrer ce qui m'encerclait. 

 
16H23: Le patient semble avoir terminé son récit. Son rythme cardiaque est revenu à la normale. Dilatation des pupilles. Etat rappelant celui d'un épileptique après une crise, néanmoins situation stable. 

 
16H30: Fin de la séance. 

 


Last edited by Ereneyes on Sun 1 Jun - 05:09; edited 2 times in total
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kagul
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PostPosted: Sat 16 Feb - 13:38    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Le scotché critique.

Tout d'abord je tiens à dire que l'idée de base est très forte, il y a une bonne trame narrative, de l'action, du suspense.

Cependant je trouve que tu aurais pu utiliser le présent vu que c'est un type qui se fait hypnotiser qui raconte l'histoire. Ca aurait évité certaines lourdeurs et fautes tel que : je tomba.
Le style est pas mal il y a de belles images mais ça peut être améliorer, notemment en évitant certaines répétitions.
Par contre je trouve la fin un peu confuse et moins bien écrite et elle mériterait aussi d'être retravailler.

J'aime beaucoup l'idée de réflexion sur notre condition impermanente à travers une nouvelle d'ordre fantastique, cependant je n'aime pas tes utilisations de dieu et diable, associant notre impermanence au diable. Cette approche dualiste m'a un peu chagriné. Mais ce n'est que mon point de vue.

Continue à travailler... Smile
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Ereneyes
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PostPosted: Sat 16 Feb - 14:00    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Le coté dualiste est justement voulut, j'étudias l'hérésie cathare au moment d'écrire ce texte. Je pense d'ailleurs faire une suite qui irais dans ce sens. La concordance des temps est mon gros problème et transposé au présent serait effectivement une bonne idée.

merci de tes conseils Very Happy
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la mystique
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PostPosted: Tue 11 Mar - 21:41    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Je vais le lire doucement et attentivement!
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Batgirl
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PostPosted: Wed 12 Mar - 00:52    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Je viens de l'imprimer. Je lirais ça ce soir....
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Arachnodactyle
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PostPosted: Wed 12 Mar - 01:49    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Oui, moi aussi il faut que je l'imprime, donc la critique...plus tard Laughing Very Happy
Ereneyes
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PostPosted: Wed 12 Mar - 01:53    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Ca me laisse du temps pour stresser ^^ . En plus j'ai déjà des modifs à faire sur ce texte depuis un moment mais jamais le temps et le courage de m'y mettre. J'ai un paquet de texte à revoir d'ailleurs dès que je serais revenu au calme.
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Ereneyes
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PostPosted: Thu 27 Mar - 01:54    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

J'ai déjà fait une première série de modification sur le texte, d'autre surement à venir. Si vous êtes vraiment parti pour me lire et me conseiller n'hésitez pas à jeter un coup d'œil sur mon myspace Smile .
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Zénobie
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PostPosted: Sat 17 May - 21:40    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Un petit up parce que ça mérite d'être lu!


Bien sur, le "stylo rouge" qui est en moi m'a faite grincer des dents à plusieurs reprises, concernant les fautes et la conjugaison "des verbes du premier groupe à la première personne du singulier du passé simple" (je reprend mon souffle). 
Je rejoins donc kagul sur ce point:
 
Quote:
Cependant je trouve que tu aurais pu utiliser le présent vu que c'est un type qui se fait hypnotiser qui raconte l'histoire. Ca aurait évité certaines lourdeurs et fautes tel que : je tomba. 



Mais alors les idées, mes ami(e)s, les idées sont là et s'enchaînent fort bien. J'aime assez ton style Wink




PS: si tu as des problèmes pour la concordance des temps ou pour la transcription au présent, pense aux fantômes de l'Education nationale qui hantent le salon. De toutes façons, je n'arrive jamais totalement à retirer mon costume de prof, donc n'hésite pas...
Ereneyes
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PostPosted: Sat 17 May - 21:58    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Ba justement j'ai tous passé au présent madame Sad .

Si tu peux me corriger (je veux dire mon texte ^^ ), n'hésite pas. Toutes les amies qui corrigeaient mes textes sont maintenant trop prisent par leurs études.

Tant que tu y es si tu veux j'ai d'autres textes visibles sur mon myspace.
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Zénobie
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PostPosted: Sat 17 May - 22:11    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Je peux te corriger dans tous les sens du terme chaton, mais ça c'est une autre histoire. ^^
Je vais jeter un oeil. 
Moi, je suis prof, donc, il paraît que je suis toujours en vacance... Wink
Ereneyes
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PostPosted: Sat 17 May - 22:18    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Merci c'est gentil  Very Happy   .

Ca dois pas trop te changer des copies à corriger en même temps, alors te sens pas non plus obligée Smile .
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Zénobie
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PostPosted: Sat 17 May - 22:22    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Si je propose, c'est que ça ne me gêne pas... je suis pas masochiste non plus, quoi que....
En réalité, ça me change beaucoup de mes copies, là, je comprends ce que je lis, la syntaxe est correcte, c'est logique et en plus il y a de l'imagination! C'est limite des vacances!
DarkRouen
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PostPosted: Sun 18 May - 00:06    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Zénobie wrote:
Je peux te corriger dans tous les sens du terme chaton, mais ça c'est une autre histoire. ^^

Tu serais pas un peu en manque toi en ce moment ? ^^


Ok je sors Arrow
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Ereneyes
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PostPosted: Sun 1 Jun - 05:19    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Zenobie m'a gentiment envoyé une version de mon textes passé au présent et à également souligné quelques détail la gênant.
J'ai donc reformulé le texte, bien qu'il n'ai pas grand changement pouvant interessé quelqu'un l'ayant déjà lu.

Je met également la suite que j'ai fait assez rapidement mais ou j'ai souvent peiné à formuler ce que j'avais à l'esprit (je n'ai pour cela pas encore eut le courage de me relier donc préparez vous aux fautes d'inattention ^^ :




Arbre
 


Journal du Docteur Feiertag – Samedi 29 octobre


    Je n'ai rien écris dans mon journal depuis cette curieuse séance (quoi que  « curieuse » est un adjectif anodin ne rendant pas l'étonnement et, je dois bien l'avouer, l'angoisse provoqué chez moi par cette expérience).
Mes études me poussent à explorer dans les recoins sombres et inexplorée de l'âme humaine. Tandis que les prêtres s'y frayaient un chemin en levant haut le flambeau de leur culte et de leur foie, jugeant et délimitant sur ce qui était leur territoire, nous, hommes modernes, tâtonnant dans le noir, furetant aveuglément comme un ermite dans une caverne. Nous admettons de nous même ne rien savoir, car sinon pourquoi voudrions nous chercher? Chaque découverte révèlent dix autres mystère, et la lumière ne révèlent que plus de zones d'ombres.
    Mon métier et mes études ont donc fait de moi un homme coriace, dur à la tâche et difficilement impressionnable. C'est pourquoi l'effet créé chez moi par la curieuse histoire du patient 73 (ce trouble permanent, la façon dont mon esprit m'amène a ce souvenir sans que je le veuille), me surprend particulièrement. Je ne m'y trompe pas, il ne s'agit pas véritablement de peur, mais d'une curiosité scientifique à mon propre égard. J'ai eu affaire à de nombreux cas de folie particulièrement impressionnante dont les conséquences affectaient autant l'esprit que le physique du patient.J'ai finalement compris la cause de ce sentiment, aujourd'hui même.


    Je passe pour me rendre à mon bureau par un parc bien entretenu, ornée de nombreux arbres et d'un lac ou nage les cygnes. Comme je l'évoque souvent dans ce journal, c'est surtout l'aspect majestueux de certains des plus vieux arbres qui me pousse à faire systématiquement un détour par ce parc. Au point que cela soit devenue une habitude totalement mécanique.
    Hors, aujourd'hui, l'esprit encore absorbé par le cas de ce dernier patient, j'eus presque l'impression de m'éveiller au milieu du chemin serpentant dans ce parc. J'étais tellement enfoncé dans mes pensées que mes pas m'avaient amené ici sans que j'en prenne conscience. Et c'est là que je le vis.

             Un arbre.
     Son tronc sortait droit du sol, sans racine véritablement apparente, une écorce lisse et grisâtre sans particularité et un branchage symétrique d'une totale banalité. Il ne semblait pas particulièrement vieux, mesurait un peu plus de quatre mètres et il s'agissait vraisemblablement d'un orme, arbre tout ce qu'il y a de plus commun sous ces latitudes.
Mais voilà, cet orme était au milieu du chemin.

    Dans ce parc bien ordonné, à l'herbe coupé rase et entouré d'une grille de métal, Le chemin de terre serpente justement pour contourner le moindre buisson et oppose au reste du parc sa surface parfaitement lisse et vierge de tous végétaux. Hors voici qu'un arbre se dresse exactement au milieu de celui-ci et que je le remarque pour la première fois en ce jour. Il est difficile de rapporter ici toutes l'étrangeté que dégagea pour moi cet arbre, ou plutôt sa position. Il était exactement là ou il ne pouvais logiquement et naturellement pas être. Comme s'il s'était «placé» là consciemment. Je chercha dans mes souvenirs une image, même fugace de cet arbre planté au beau milieu du chemin, mais je n'en trouva aucune. Rentrant chez moi, je feuilleta les pages de mon journal à la recherche de la moindre annotation concernant ce parc. Bien que je fasse souvent référence à ce lieux propice à la réflexion, jamais je n'évoqua cet arbre.
    Retournant en ville pour divers affaire social, je ne put m'empêcher de repasser par ce square et de contempler cet arbre somme toute banale, mais dégageant pour moi plus de mystère qu'un autel. Ce mot enclencha chez moi un véritable déclic que j'ose qualifié de spirituel, bien que ce mot ne me semblait plus avoir le moindre sens pour ma personne. « Mystère ». L'homme de science ne vois que le savoir et l'ignorance. Tout ne peut être que l'une ou l'autre de ces choses; connu ou encore méconnue. Mais le mystère est un concept d'homme de foi. Du moins je le croyais.


    J'ai du contourner plusieurs fois cet arbre dans m'en rendre compte, de façon aussi machinale que lorsque je passe par ce parc sans en avoir éprouvé spécifiquement le désir. De même manière que l'histoire de mon patient doit être le résultat de son délire, qui pris le pas sur l'état d'hypnose, peut être même simulé. C'est une technique récente aux capacités et limites encore inconnue. Pour les deux situations, il n'y a pas d'autres explications. Cependant, qu'est-ce qu'une explication?
                      J'ai toujours désiré savoir ce qu'il y avais au delà. Comprendre. Mais ais-je véritablement compris? Je sais par exemple comment pousse un arbre. J'ai étudié la biologie dans des degrés que je pense, ou que je pensais, bien plus complexe que cela. Cependant...

    Cependant si je sais quelles sont les étapes de germination, de croissance de reproductions. Si je sais d'où le végétal tire les ressources, comment il les transforme. Si je sais tout cela, qu'est que je sais véritablement? Pourquoi l'arbre se développe ? Pourquoi tire t'il les éléments du sol et les transforme en autre chose? Existe t'il un désir derrière tout cela? Pourquoi une simple graine à l'état de repos se met elle à agir, a se développer?
    Je pensa un instant au propos d'un ecclésiastiques avec qui j'aime à discuter. Il déclara que la science expliquait le comment mais pas le pourquoi. Cependant je ressent quelque chose de différent. Je ne met pas en doute le pouvoir de la science de donner une explication, je met en doute le pouvoir de l'explication elle même. Il ne s'agit pas que d'une question de pourquoi et de comment. Car le comment lui même, l'avons nous trouver? Nous savons ce qui provoque un phénomène et ainsi nous savons le reproduire. Nous savons comment un éclair se forme et nous parvenons même à créer de l'électricité. Nous connaissons vaguement la forme que prend celle-ci au delà de l'échelle visible par l'oeil humain. Nous savons quelles réactions permet de la "créé". Mais cela ne nous dis pas ce que c'est, ni pourquoi, ni comment.Cela nous dit ce que c'est vu de pus prêt et comment le reproduire. Notre raisonnement est bien plus empirique que nous voulons bien le croire

    Il n'y a aucune réponse. Il peut exister des vérités, mais pas de réponse. Le mystère n'a pas été tué par la science, il n'a même pas été repoussé. Tout juste lui a t'elle retiré le folklore dont il était entouré, abusant les esprits simples qui s'y arrêtait. On ne parle plus de sorcier maîtrisant des énergies occultes et des artefacts, mais de scientifiques utilisant des matières et des outils. On ne vois plus d'éclair mais des particules. Des termes plus précis, des techniques plus efficaces mais aucun changement. Le folklore lui même n'a pas vraiment disparu, il à simplement revêtu une forme trop proche de la vie de tous les jours pour satisfaire le désir d'exotisme du quidam.


    C'est avec une nouvelle approche que je vais maintenant étudié le cas du patient 73.

Journal du Docteur Feiertag – Samedi 29 octobre



Last edited by Ereneyes on Sun 17 Aug - 04:24; edited 1 time in total
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Ereneyes
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PostPosted: Mon 9 Jun - 14:09    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Bon cette nouvelle est plus loin dans le recueil et il n'y a pas de suite directe avec celles au dessus.

Repas 

 

 
Il regardait son repas comme une bête prête à lui sauter à la gorge.  

 
Le plat de mouton et de haricots avait finit par refroidir. Sa peau était moite et sa bouche était sèche. Baisant ses yeux, il vit ses mains jouer avec une bouteille d'eau encore à moitié pleine. Elle venait du continent. Il avais encore trois bouteilles comme celle-ci Trois bouteille sûre... 

 
Demain cela fera une semaine que l'épidémie s'est propagée. En presque deux semaines, une succession de fait divers s'était transformé en un apocalypse propre à cette île de la méditerranée. Les empoisonnements avaient à peine fait leur première victime que deux autres étaient touchés. Le quatrième jour c'était une épidémie. Le cinquième jour les autorités locales étaient dépassées et tentèrent d'alerter le continent. Le sixième jour, c'était trop tard. 
Un regard à sa fenêtre suffisait à lui rappeler le chaos dans lequel sa petite communauté était plongée. Les rues vidées de ses habitants étaient pilonnées sous les rayons directs d'un soleil pesant, chauffant à blanc la poussière des rues. Des groupes de corneilles paradaient en sautillant dans la ville. Les oiseaux grouillaient littéralement et s'étaient appropriés l'île. 

 
Des familles entières avaient péris en quelques heures, et je tentais de m'ôter de l'esprit l'image de ces charognards festoyant sur ces cadavres d'hommes, de femmes et d'enfants. Aucun médecin n'était encore en vie, et personne ne s'occupait plus de son voisin. Tous les survivants devaient être comme lui, terrer au fond de leur trou, assaillis par les odeurs morbides et les peurs paranoïaques, mourant de faim de peur de s'empoisonner. La chaleur étouffante entretenait leur folie. Il les devinaient tous, zombies apathiques qui ne savaient même pas ce qu'ils attendaient, fixant la rue de leur fenêtre en espérant que cette mort inconnue prenne enfin un visage. 

 
Il ressentit un profond mépris pour lui même devant cette image. La viande, les légumes, les fruits et même le vin étaient empoisonnés. Tous les bienfaits de leur île si riche s'était muée en autant d'appât trompeur. Il n'avait aucune raison de s'enfermer quand l'air seul n'était pas imprégné de mort. Le cloaque qu'était devenue cette pièce lui apparut soudainement dans tout sa laideur. Il se résolut à sortir de chez lui et à s'asseoir sur les marches de son perron, quel que soit le spectacle qui se présentera à lui. 

 
Une volée de corneille s'envola à sa sortie. Il avait plusieurs fois pensé à en attraper une pour en faire son repas, mais leur chair devait être aussi fatale que celle des autres animaux de cette île. Il se souvînt que ces nuées d'oiseaux charognards étaient là même avant l'épidémie, comme des invités impatients et impolis face au banquet. Ces malotrus s'invitaient jusque dans les maisons ou se posaient sur les tables lorsque les villageois mangeaient dehors. Et c'est maintenant les villageois eux mêmes qu'ils mangent... Se baissant et ramassant des pierres, il les jeta de toutes ces forces contre les volatiles, reportant sur eux sa colère. Ceux-ci se dispersèrent presque indifféremment. 

 
Un mince sourire sadique vint sur le visage de l'homme lorsqu'il vit autour de quoi les oiseaux s'étaient réunis. Un buisson aux feuilles dures et vertes sombres, dont les branches maintenaient de petites grappes de fruits blanchâtres et minuscules. Ces baies au jus transparent étaient il y a peu les seuls aliments toxiques de l'île. Et si tous l'étaient désormais, ces piafs stupides faisant festin de leur corps pour ensuite se gaver du seul fruit dont les humains avaient appris à se détourner. Il posa sa bouteille d'eau et entreprit de nouveau de leur jeter des pierres, s'arrêtant de tant à autres pour les regarder cueillir des fruits et les écraser entre leur bec. 

 
Se retournant, il chassa les corneilles qui s'étaient réunies autour de sa bouteille et porta d'un mouvement brusque le goulot de sa bouteille à ses lèvres. Il but en fermant les yeux cette eau désaltérante, inconscient du jus et de la pulpe mortelle qui venait d'y être ajouté par les oiseaux, pendant que ceux-ci contemplaient leur repas. 
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Ereneyes
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PostPosted: Wed 9 Jul - 23:07    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

Un petit up histoire d'avoir un avis ou deux avant de m'y remettre.
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Zénobie
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PostPosted: Fri 11 Jul - 23:17    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

C'est cool que tu aies lancé ton test juste après ma lecture de tes nouvelles.  Very Happy  
Bon, alors maintenant, mon avis. 

 
Je ne te cacherais pas que mon stylo rouge s'est affolé à quelques reprises (bon j'ai compris, le passé simple n'est pas ton ami Wink ), j'essaye de t'envoyer les textes corrigés par MP quand j'aurais deux minutes. 

 
Dans l'ordre: 
- Arbre:  
J'aime bien le fait qu'on ne sache pas trop si l'arbre est apparu par "opération du saint esprit" ou si ton héros passe régulièrement devant lui sans le voir. L'état d'auto-hypnose qui précède le moment où il découvre l'arbre m'a faite sourire, c'est le genre de chose qui m'arrive souvent: je branche le pilote automatique et je me rends du point A au point B sans trop savoir comment (heureusement que je ne conduit pas Very Happy ). 
J'aime aussi ton parallèle entre homme d'Eglise/homme de sciences. C'est vrai que c'est un peu étonnant au premier abord parce qu'on a tendance à lier l'obscurantisme au premier et la lumière de la connaissance au second, mais d'un autre côté, de nombreux hommes de foi ont fait avancé la science et dans les deux cas, ces hommes recherchent la Vérité. De plus, dans certaines dérives, la science donne parfois l'impression de s'ériger en nouveau culte. 
Ton docteur Feierag a d'ailleurs l'air en pleine crise de "foi" scientifique. 
La religion comme la science cherchent à expliquer le Pourquoi et c'est vrai que si la science explique souvent le comment, pour ce qui est du "Sens de la Vie", c'est loin d'être ça... 

 
Enfin bref, tout ça pour dire que j'aime beaucoup l'idée directrice même si je trouve que ton texte n'est pas toujours très fluide. 

 

 
-Repas: Dieu que c'est gai! Tout à fait dans la veine des trucs apocalyptiques que nous sert le cinéma en ce moment, entre les virus en tout genre, les zombies et les plantes qui conspirent pour notre perte, les corneilles tueuses c'est une idée, et ça fait plus true Wink
C'est court et efficace malgré quelques maladresses. On dirait le scénario  d'un court-métrage.  

 
En résumé: Zénobie très contente, c'est glauque à souhait Very Happy   

 
Seasaidh
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PostPosted: Wed 30 Jul - 05:34    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

"Pierre" est vraiment...Waouh ! Une grosse claque dans ma gueule, oui ! Et je ne dis pas ça pour te faire plaisir, crois-moi, tu me connais, maintenant  (syndrome d'Electre et tout) Wink . Je crois, suis sûre même, que c'est ma préférée parmi toutes celles que j'ai lues de toi. C'est de loin la plus réussie. Quelle imagination !

"Arbre" : Je ne sais pas si ce texte doit rester tel quel.  Développe pour voir ce que ça donne ou bien n'en fait pas une nouvelle, quitte à  l'intégrer à une autre, au hasard celle que tu annonces à la fin... On dirait davantage un passage, je trouve.

" Repas" : C'est vrai que ça fait court métrage, c'est très photographique, comme l'histoire d'un instant. Une sorte de "Brève". Pourquoi pas, c'est un genre intéressant aussi. Je vois bien ça comme un interlude entre deux grosses nouvelles dans un recueil.

Conseils :


Pour l'instant, je pense que tu es plus à ton aise et efficace dans les nouvelles que tu prends le temps de développer sur la longueur. Tu as besoin d'espace pour faire évoluer ton récit, ça se sent. Etale-toi, joue avec le temps, les rebondissements !

Le présent serait plus approprié à mon avis aussi, effectivement : Non seulement ça évite de commettre des erreurs mais ça entraîne le lecteur sans qu'il ait demandé quoi que ce soit, ça l'avale tout cru et il se laisse faire plus volontiers.

Autre chose : Pourquoi ne pas inclure des dialogues, même très brefs, ça rendrait  "Pierre" encore plus terriblement réaliste. Si ton docteur posait des questions à son patient, l'encourageait à poursuivre son récit...Juste parce-que c'est rare les patients qui débitent autant, de façon si détaillée et sans qu'on les y pousse.

Oui, des fautes, c'est vrai, bon, on corrigera ça ensemble . La richese du vocabulaire compense Wink .

Quoi qu'il en soit :

- Mais qu'est-ce que t'attend pour t'y remettre ? Non seulement, t'es doué et ça ne peut que s'améliorer en travaillant encore et toujours. Je n'évoque pas des recettes techniques ou des matériaux miracles, entendons nous bien, je n'y crois pas, je ne crois qu'en l'émotion qui naît de la sincérité de l'auteur. Fouille en toi et t'auras matière. D'ailleurs, il y a de toi (ressenti, pensées et /ou vécu persos) dans "Pierre   et  "Arbre"  , je le sens pour la première et tu me l'as expliqué pour la seconde.

- Creuse ce perso et cet univers, pour mon bon plaisir d'abord,  parce-que je commence à m'y attacher ^^ .

- Ce mélange de fantastique et d'interrogations, ça me plaît beaucoup.

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Ereneyes
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PostPosted: Wed 30 Jul - 19:52    Post subject: Nouvelles; Ereneyes Reply with quote

 Merci pour ces conseils très utiles. Very Happy

Pour le coté isolé de mes textes c'est qu'ils forment justement un ensemble. Arbre est la suite de Pierre et d'autres nouvelles suivent ou suivront avec les mêmes personnages et une progression logique. D'autres nouvelles (comme Repas) sont ou seront inséré au milieu de cette progression (il y aune explication je ne fait pas ça comme ça).

Sinon j'ai encore des modifications à faire pour Pierre, notamment au niveau des termes utilisés et tout ce qui est technique, afin de ne pas faire d'anachronisme (psychose par exemple, je crois que ça n'existait pas). La nécessite de rassemblé d'abord des connaissances techniques me bloque en effet pour certaines nouvelles.

Pour Arbre, le résultat est comme l'a dit Zenobie très chaotique car j'essaie de retranscrire les pensées brut d'une personne sur un sujet complexe et je n'arrivais pas à concilié la sincérité et le contenu avec la fluidité. Je l'ai cependant relu en diagonal et sais déjà comment l'améliorer un peu. De plus Zenobie m'a donné  des conseils utiles sur la forme pour mes nouvelles.
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